L’ “inoxydable” impôt de solidarité sur la fortune

Plus que quelques jours pour envoyer votre déclaration ISF. Cette année n'est pas une année comme les autres, puisque le seuil d'imposition a été relevé de 800.000 euros à 1,3 million d'euros. Une aubaine pour 300.000 contribuables qui avaient l'habitude de participer à cet effort national. Un cadeau fiscal que l'État récupère tout aussi rapidement via un alourdissement des charges sur les dons et l'héritage.

ISF : l’immobilier démembré, la pierre qui ne pèse pas sur les impôts

Les offres sont encore confidentielles, mais c'est un concept qui se développe : l'achat d'immobilier démembré permet à un investisseur d'acquérir un bien dont il n'aura l'usage qu'à la fin d'une période d'usufruit assez longue, allant de dix à vingt ans. Autrement dit, vous ne pourrez habiter ou louer le logement acheté qu'à l'issue de cette période et durant tout ce temps, il ne vous rapportera rien. Car c'est un usufruitier (en général un organisme de logement assurant la gestion du bien ) qui en profitera.

L'intérêt ? Il réside dans le prix d'achat et la fiscalité. Côté prix, la privation de votre usufruit se traduit par une ristourne de 40 à 50 % sur la valeur de marché à cause d'une indisponibilité de quinze ans environ. Côté fiscalité, c'est encore mieux si l'acquisition est réalisée à crédit : les intérêts d'emprunt viendront dans ce cas en déduction de vos autres revenus fonciers. Et pour les assujettis à l'ISF, c'est tout bénéfice : la valeur du bien n'est pas prise en compte dans l'assiette imposable, car c'est l'usufruitier qui en est redevable... et les crédits non encore remboursés viennent aussi réduire le patrimoine taxable.

ISF : achetez de la forêt ou un vignoble

A condition de disposer d'un horizon de placement à long terme, l'achat d'une forêt grâce à son exonération partielle offre un avantage en termes d'ISF. Les parcelles sont accessibles à partir de plusieurs centaines de milliers d'euros et imposées sur 25% de leur valeur jusqu'à 101.897 euros, puis sur 50 % au-delà (le plafond est revalorisé chaque année). En plus, vos héritiers ne paieront des droits de succession qu'après déduction des mêmes abattements. Seul impératif pour bénéficier de cet avantage fiscal : souscrire un "plan simple de gestion" agréé par le Centre national de la propriété forestière. Attention, cet engagement est conclu pour trente ans au minimum et vos héritiers devront le poursuivre si vous disparaissez avant le terme prévu.

Autre piste dans le rural : acheter des parts de GFV (groupements fonciers viticoles), qui investissent dans des parcelles de vignes, gèrent les domaines et reversent chaque année une quote-part des résultats à chaque associé en numéraire ou en bouteilles. Attention, "les appellations les plus prestigieuses rapportent moins de 1% l'an", précise André Manière, gérant des GFV Gestion Finance Saint Vincent. Mais en visant ce type d'investissement, la probabilité de réaliser une belle plus-value à terme est plus importante que pour les vignobles de moindre qualité.